Modification de la publication des commentaires...

Suite à l'enregistrement récurrent de très nombreux commentaires à caractère publicitaire (pour des sites x majoritairement....), la publication des commentaire est désormais modérée a priori : je passe régulièrement les vérifier et les publier. Ceci sans aucune volonté de censure, simplement pour filtrer ceux qui sont en rapport ou pas avec mon blog. Les critiques positives comme négatives ont toujours leur place en commentaires.

Merci pour votre compréhension!

25 juin 2007

Grand air

Samedi matin, je suis allée accompagner des éleveurs de vaches (ceux qui produisent la tome que j'emmène aux réunions beauceronnières : Gaec Dent de l'Arclusaz, à Ecole en Bauges, meilleure tome des Bauges selon moi) pour la montée en alpage de leurs génisses. Je leur avais demandé de me prévenir pour la montée des vaches, qui vont sur l'alpage des Arbets à l'Arclusaz (prononcer "Arcluz'), mais ils l'ont fait la semaine dernière et j'étais au Puy en Velay pour la finale ring. Du coup ils m'ont proposé de les accompagner pour les génisses. Ce que j'ignorais, c'est que les génisses ne vont pas aux Arbets, mais à Armenaz (prononcer Armèn'). Les Arbets, c'est certes en haut, mais le chemin est tout plat, ballade facile quoi, même pour ceux qui n'ont pas beaucoup d'entraînement. L'Armenaz, c'est un ancien alpage abandonné pendant des années, et réhabilité récemment. Je ne savais même pas où c'était, valait mieux, s'ils me l'avaient montré depuis le bas je n'aurais certainement pas osé faire la montée... J'ai commencé à avoir un peu peur quand je les ai entendu en parler depuis le 4x4 qui nous emmenait aux génisses, rapport aux gens qui font la montée sans équipement et sans entraînement, qui viennent en touristes alors que ce n'est pas une montée facile, etc etc etc. Parce que dans le genre touriste je me pose là, j'avais pensé à prendre des chaussures de marche mais rien de rechange, et j'avais même oublié le sac à dos (dur le réveil à 6h un samedi!)...
On a attrappé au passage Louis Nardin, figure emblématique des Bauges, 75 ans (environ, un peu moins je crois), plus de dents ou presque mais pas la langue dans sa poche, berger depuis toujours... Il voulait monter à pied depuis Ecole en Bauges, il a presque sauté en marche arrivé aux vaches pour aller galoper derrière et les regrouper.
53 génisses tarines, abondance et montbéliardes, en pleine forme (sauf une qui avec un gros panaris a eu toutes les peines du monde à atteindre l'alpage), dispersées dans un pré sans la moindre intention de se laisser regrouper et prendre le bon chemin. Une dizaine d'Humains, courant et gueulant dans tous les sens pour tenter de le regrouper : quand les humains jouent le rôle des chiens de berger, c'est vachement moins rapide et moins efficace! Un chien de berger... bon sang mais c'est bien sûr! Et pourquoi pas Bastet? Après tout, à 7 mois passé, c'est le bon moment pour débuter le troupeau non? Sauf que l'Armèn, c'est dans la réserve du parc des Bauges, et que les chiens sont interdits. Bastet a du rester à la voiture. D'un autre coté, elle avait entraînement l'après midi et il n'est pas recommandé de l'épuiser juste avant, et je suis censée lui épargner les efforts trop longs et trop violents durant sa croissance, pour épargner ses hanches... Alors bon, quelques regrets quand même, surtout que je pense qu'elle aurait adoré, mais tant pis, ce sera pour une autre fois (quand elle sera chien de berger confirmé?)
Bref tout ça pour dire que la montée a été raide, Louis galopant devant les vaches, me faisant garder les épingles à cheveux, puis rattrapper la tête de file pour garder le virage suivant... J'y suis arrivée, je suis très, très fière de moi, parce que c'était pas gagné vu l'intensité de mes entraînements sportifs en ce moment...
L'entraînement de Bastet a eu lieu dans la foulée, l'après midi. Toujours à la chaîne avec le ressort, Jean Pierre a troqué le bon pantalon qui va bien pour celui de compétition spécial chiens de ring III : plus léger, prise beaucoup plus dure. Pour voir comment elle s'en sortait, et lui apprendre qu'elle avait intérêt à ferrer si elle voulait pas que le pantalon lui échappe. Elle l'a perdu une fois, pas deux, et sur la deuxième tentative d'arrachée a percé le genou de Jean Pierre à travers la toile. Aie.
On a bossé les gardes au ferme, Bastet connaît bien son couché à la maison mais pas vraiment en conditions réelles en mordant. Il a fallut la forcer. Par contre pour les cessations, quand je suis juste à coté, elle fais beaucoup plus attention. Le hic c'est qu'elle craint un peu ma présence vu que jusque là je ne m'approchais que pour la faire cesser, et du coup est un peu perdue entre les "Bastet halte" "coucher garde" "attaque enfin quoi!"... J'ai pour mission de bosser mon couché à domicile (et puis le assis un peu aussi tant qu'à faire) et en quelques séances je pense qu'elle va comprendre. Une fois qu'elle aura saisit ce qu'on lui demande, je pense que je vais de nouveau avoir du mal à la faire cesser...
Grand air aussi pour les bibious. Enfin pas encore, mais c'est prêt, on y a bossé trois jours et j'ai des ampoules à tous les doigts, et même plutot deux fois qu'une... On a cloturé un petit bout du jardin, derrière la maison (histoire de ne pas être trop visible depuis la route, y a des personnes mal intentionnées même en Bauges!), pour pouvoir y laisser les chiots quand ils seront assez grands, qui communique avec la deuxième chambre de la maison (réserve à croquettes pour le moment) où je les installerai en temps voulu, et qui englobe l'abri à bois rempli de trucs et autres machins d'origines diverses dans lesquels les chiots vont s'éclater. 15 cm de tranchée, fixation du grillage à poule au fond avec des trucs en métal triangulaires (me demandez pas comment ça s'appelle en vrai, mais grosso modo c'est le principe de la sardine pour les tentes quoi : fixation du grillage au fond de la tranchée), caillasses dans toute la tranchée pour ajouter du poids, terre, poteaux tous les 2 mètres avec renforts dans les angles, deux lignes de fil de tension, tendeurs. Tput ça pour une hauteur raisonnable, que les chiots ne puissent pas sortir mais que les humains puissent enjamber sans trop se fatiguer, et les chiens adultes sauter sans la moindre difficulté. Le hic : Bastet qui est interdite de saut jusqu'à la fin de sa croissance, et qui passe son temps à faire des aller retour par dessus notre ouvrage. La bonne nouvelle : au moins elle aime sauter, c'est toujours ça de pris... Faudrait juste qu'elle attende qu'on le lui demande...

23 juin 2007

Brêves post-naissance

Pendant que les chiots naissent, le monde continue de tourner avec son lot de bonnes et mauvaises nouvelles :


- news de Basta Pandore des Chasseurs d'Ombre, la soeur de Bastet : "Jeudi matin elle s'est faite stériliser tout s'est très bien passé, aujourd'hui je suis retournée chez le véto pour voir ce que ça donnait, apparemment tout va bien. Elle est obligée de porter une colerette ce qui l'enerve un peu. Pour information elle pèse 25 kilos, c'est bien ou pas? En tout cas Luc fait très attention à son alimentation. Sinon c'est vraiment un super chien elle est très bonne aux chèvres et elle est très gentille. "





- Albert Ourasi des Chasseurs d'Ombre a été mordu par un serpent à la face hier, il nous a fait une peur terrible, a passé la journée en soins intensifs, et pête la forme depuis.


- ma commerciale number 2 (Sandy) m'a ordonné de me faire des cartes de visite : 100 sont en commande chez Purina, et 200 chez mon infographiste préféré. Avec ça, je devrais être couverte pour un moment!



La version purina

- J'ai ramené de la finale un magnifique cadeau à mon chienchien préféré (Septembre) : une superbe muselière avec grille en métal renforcée et des tas de lanières pour qu'il ne puisse pas l'enlever, mais qu'il puisse haleter et boire quand même : avec ça loulou va pouvoir revenir en ballade à cheval.... Bastet a elle eu droit à deux nouveaux colliers : un plat doublé, et un étrangleur maillons.

- Bastet a repris l'entraînement après un arrêt de 15 jours (raison professionnelle). Ca s'est passé à merveille, elle a mordu comme une malade, comme d'hab mais en encore mieux, comme d'hab quoi. C'es vraiment un plaisir de voir son bout de chou évoluer aussi bien, surtout que pour le moment j'ai pas grand chose à faire alors je fais pas encore trop de conneries... ;-)

Une petite déception quand même... comme d'hab le mousqueton de sa chaîne a lâché, comme d'hab elle a foncé sur l'HA qui se préparait pour une face, j'ai couru, on m'a dit de laisser faire... et elle a pas mordu. Pffff. Bon elle est encore un peu jeune pour le libre, surtout avec sa maîtresse qui lui fonce dessus en courant, mais ça m'aurait fait plaisir qu'elle morde quand même!

- Mireille et Camilla se lancent dans un concours de cadeaux à leur éleveur. Camilla m'a offert un téléphone portable nokia à noël, une veste avec le logo des chasseurs d'ombre dans le dos, et elle voulait aussi me payer le voyage en finlande pour que je vienne voir Breizh et Albert! Mireille elle, sponsort officieux de Sénèque, nous a offert pas moins de 200 tee-shirt et des casquettes pour le soutenir, et dernièrement a décidé qu'il était inconcevable que je prive mon fan club de photos de mes bébés faute d'appareil numérique en étant de marche, ellea donc décidé de régler ce souci, paraît-il que je vais en recevoir un tout neuf lundi. Je me sens pas très à l'aise d'accepter des cadeaux pareils, j'essaie de refuser mais elles me laissent pas le choix, alors je voulais leur adresser à toutes les deux un énorme merci, et que ceux qui verront les photos des derniers bébés sachent que c'est uniquement grace à la générosité sans bornes de Mireille qu'elles existent...

21 juin 2007

Mamans poules

Je ne sais pas qui de Pandore ou de moi est la plus stressée avec les chiots.
Il faut préciser que ça va pas vraiment comme sur des roulettes. Déjà, ils ne sont que 4, et comme je compte bien placer les deux femelles en contrat d'élevage, je ne peux pas vraiment me permettre d'en perdre une (déjà que quand il y en avait 10 ça me foutait en vrac d'en perdre un....).
Ils sont nés petits, ils ont perdu du poids le premier jour (jusque là rien d'inquiétant, même si sur mes autres portées ils étaient simplement restés stables sur le premier jour), mais plus inquiétant ils ont continué à en perdre. Surtout une petite femelle. J'ai pris la température de tous (malgré les interventions de Pandore qui ne supporte pas que je fasse brailler un de ses chiots et ne me laisse pas vraiment les manipuler comme je voudrais) : 35,5°C. Branle-bas de combat, modification de la place de la lampe, ajout d'un chauffage, c'est monté à 36,6 puis au-dessus de 37 ce matin (impossible de laisser finir le thermo à cause de Pandore). J'ai profité du thermo pour vérifier que les cacas étaient bien évacués, il a fallu que j'en masse une (la petite) moi-même pour bien tout vider. Je surveille donc la température et les crottes, mais malgré ça elle continue à perdre du poids. J'ai également testé le lait de Pandore (technique de la goutte sur le verre qui doit pas atteindre le fond) : ça a l'air bon. Alors quoi?
Ce matin panique totale avec encore une chute de poids de plus de 50g. Mais ce qui m'a intriguée et redonné un espoir, c'est la variation de poids indiquée par la balance pendant la pesée du chiot. Je veux bien que ça gigotte, mais une amplitude de 100g ça me paraît beaucoup. J'ai foncé racheter une balance (bonjour les frais inutiles, l'autre est vieille de 6 mois), j'ai pris aussi une boîte de lait maternisé au passage, et repesé tout le monde : si ma pesée d'hier soir est juste, ils ont tous pris 50g y compris la petiote qui m'inquiète particulièrement. Ouf. Si la pesée d'hier soir est juste. A vérifier ce soir.
Tout ça sans la contribution de Pandore, qui comme d'hab joue les mères poules à outrance : refuse de sortir pisser, refuse de manger, refuse de boire, refuse de sortir de la caisse pour se mettre au frais alors qu'elle crève de chaud, refuse de quitter ses chiots des yeux, refuse que j'y touche, et les trimballe dans tous les sens dès que ça a le malheur de brailler un peu trop. Je la sors de force pisser le matin, j'en profite pour peser et prendre la température (avec elle dans les pattes c'est pas possible), et je lui ai acheté un kilo de boeuf bourguignon pour l'aider à reconstituder les hèmes de l'hémoglobine suite à sa césarienne. Ca elle veut bien aller le chercher et le manger par contre....! Je me rassure en me rappellant que d'habitude, ça ne dure que 3 jours, son cirque, et qu'après elle tolère mieux de les laisser un peu plus seuls.

20 juin 2007

Analyse bénéfices/risques de l'usage de l'anesthésie générale lors des radiographies de dépistage de la dysplasie

Article complet en pdf pour diffusion sur le web : http://beaucechientravail.free.fr/documents_divers/depistage-dysplasie-coxo.pdf

I. Brefs rappels au sujet de la dysplasie

Qu’est-ce que la dysplasie coxo-fémorale :

La dysplasie coxo-fémorale (D.C.F.), communément appelée dysplasie de la hanche, est un trouble du développement de la hanche qui entraîne une instabilité de l’articulation, et touche principalement les chiens de races grandes et géantes. L’origine génétique de cette affection a été prouvée (1), cependant le mécanisme exact de la transmission génétique n’est pas encore connu. Il s’agit vraisemblablement d’une maladie faisant intervenir plusieurs gènes. Dans des lignées de chiens prédisposés à la dysplasie coxo-fémorale, une alimentation inappropriée pendant la croissance du chiot (trop énergétique et entraînant un surpoids, ou un excès de calcium) ou un exercice physique excessif accroissent la proportion de chiens dysplasiques dans les portées ainsi que la gravité de l’affection (1,3).
La dysplasie coxo-fémorale entraîne dans la quasi totalité des cas le développement d’une arthrose de la hanche. L’arthrose handicape le chien dans la mobilité de son articulation, et entraîne des boiteries plus ou moins précoces allant jusqu’à une impotence sévère, qui peut survenir très jeune. Cependant, il n’existe pas de correspondance systématique entre le stade de dysplasie, le développement de cette arthrose, et les symptômes liés à l’arthrose : certains chiens dysplasiques ne développeront jamais d’arthrose et donc ne boiteront pas, d’autres chiens dysplasiques et arthrosiques ne développeront pas les signes cliniques associés avant un âge avancé. Le dépistage clinique (par l’observation d’une boiterie), permet de suspecter la dysplasie coxo-fémorale, ce qui est primordial. Cependant le fait que le chien ne boite pas n’est pas un indice fiable d’absence de dysplasie, la radiographie du bassin (et donc des hanches) est donc nécessaire pour effectuer un dépistage correct.

Méthode actuelle de dépistage :

Le dépistage de la dysplasie repose sur une radiographie du bassin effectuée à partir de 12 mois, en vue ventro-dorsale. Les critères de lecture du cliché sont bien codifiés et obligent à une position bien spécifique du chien : membres postérieurs en hyper-extension et rotation interne, afin d’avoir les fémurs parallèles et les rotules au zénith, bassin rigoureusement symétrique (apprécié par les foramens obturés symétriques et l’égalité de largeur des ailes de l’ilium) (2).
La lecture consiste à apprécier la forme des têtes fémorales, l’enserrement de cette même tête par l’acétabulum, la congruence (rapport entre les surfaces articulaires) de l’articulation, repérer les éventuels signes visibles d’arthrose (ostéophytes,…), et la laxité de l’articulation, mesurée principalement par l’angle de Norberg Olsson.
En fonction de ces différents critères, le chien obtient une note allant de A à E, basée sur la plus mauvaise des deux hanches : les chiens classés A et B sont considérés comme non dysplasiques au plan radiographique, les autres comme dysplasiques (C à E). Tous les chiens confirmés, qu’ils soient dysplasiques ou non, sont autorisés à la reproduction au L.O.F., mais seuls les chiens indemnes peuvent valider leurs cotations (grille des géniteurs), les chiens dysplasiques étant fortement déconseillés pour la reproduction.


Influence de la sélection génétique actuelle sur la production de sujets indemnes de DCF :

Une étude en race berger allemand a prouvé que l’accouplement de deux chiens indemnes AA donnait 23% de chiots dysplasiques (4), la sélection génétique consistant à n’utiliser que des sujet indemnes a donc certaines limites, et ne suffit pas à éradiquer la DCF..

En effet, différentes études (2) évaluent entre 15 et 25% la proportion de faux négatifs avec cette méthode de dépistage : 25% des chiens considérés comme indemnes (c’est à dire « négatifs ») seraient en réalité porteurs des gènes délétères (on les appelle les « faux négatifs »).
Ceci explique sans doute pourquoi les proportions de chiens indemnes/dysplasiques chez le Beauceron sont restées sensiblement identiques (80 à 85% de chiens indemnes, 20 à 15% de dysplasiques). Et l’on doit tenir compte, pour ces chiffres, des nombreuses radiographies de chiens visiblement très touchés (D et E) qui ne sont pas envoyées en lecture officielle. On peut donc supposer que la proportion de chiens dysplasiques a, au minimum, stagné dans la population.
Quel est donc l’intérêt alors de continuer à sélectionner sur ce critère ? Il est double :
- parce qu’il existe désormais des méthodes complémentaires de dépistage précoce (qui seront exposées dans un article ultérieur) ;
- parce qu’il est possible d’améliorer la qualité du dépistage en utilisant systématiquement l’anesthésie générale ou la sédation poussée lors de la radiographie, ainsi que le recommande la commission scientifique de la Fédération Cynologique Internationale (F.C.I.). La France fait figure d’exception, car c’est un des rares pays européens qui continuent à tolérer que le dépistage soit effectué sur un animal « vigile » (sans relâchement musculaire suffisant obtenu par sédation poussée ou anesthésie générale), ce qui discrédite totalement nos résultats de lecture par rapport à nos voisins, chez lesquels cette manière de procéder est assimilée à une fraude (5).
Nous allons donc développer ci-dessous les bénéfices et risques liés à la radiographie de dépistage de la DCF sous AG.

II. Bénéfices de l’anesthésie générale lors de la radiographie de dépistage de la dysplasie coxo-fémorale

Confort d’utilisation

La position permettant d’effectuer une radiographie qui soit interprétable n’est pas une position naturelle pour le chien, et donc pas une position confortable. L’extension des fémurs, leur rotation, si elles ne sont pas forcément douloureuses ne sont en tous cas pas confortables. L’usage de l’anesthésie générale ou d’une sédation poussée permet de positionner correctement le chien sans lui imposer une position inconfortable, et sans avoir à se « battre » avec un chien jeune ou rebelle, pour le maintenir, le temps du cliché, dans la position idéale permettant la lecture : dans l’étude de Bouras qui portait sur une centaine de chiens (2), sans anesthésie 79,2% des chiens ont posé des problèmes (52,47% n’ont pas pu être radiographiés et 26,73% ont présenté des anomalies de position). Avec anesthésie tous les chiens ont pu être radiographiés (2).

Ainsi, lorsque le chien est anesthésié ou sous sédation adéquate, on limite le nombre de clichés nécessaires pour obtenir une radio lisible, à un seul dans la grande majorité des cas : cela limite le désagrément pour le chien, limite le temps d’exposition aux rayons X du chien comme des opérateur, et limite le prix de l’examen.

Influence sur les signes radiographiques de dysplasie

La subluxation de l’articulation est un critère déterminant dans le dépistage radiographique de la dysplasie : plus la laxité de l’articulation est importante, moins elle est stable, et plus le risque de développement d’arthrose est important. L’anesthésie ou la sédation poussée permettent un relâchement musculaire (myorésolution), et la mise en évidence de la subluxation. Quand le chien est vigile ou trop faiblement tranquillisé, l’inconfort lié à la position, et l’absence de relâchement de la musculature, va le pousser à « rentrer » ses têtes fémorales dans les acétabulums, masquant ainsi la subluxation, et augmentant la valeur de l’angle de Norberg Olsson.

Les preuves

Diverses études démontrent depuis longtemps déjà ce que l’on suspectait forcément : l’absence d’anesthésie générale influe sur la lecture et augmente le nombre de faux négatifs (2) :

Lavelle et Anderson l’avaient déjà prouvé en radiographiant sous acépromazine (tranquillisant) puis sous anesthésie générale 26 chiens : ils ont trouvé une augmentation significative du degré de sévérité de la dysplasie sous anesthésie générale. L’acépromazine n’entraîne donc pas de myorésolution suffisante pour mettre en évidence la laxité.

En 1991, Madsen et Svalastoga ont mis en évidence que 31% des chiens paraissant normaux sans anesthésie présentaient une laxité trop importante sous anesthésie générale.

En 1994, Köppel et Lorinson ont comparé 74 cas avec et sans anesthésie, et prouvé que la diminution de l’angle de Norberg Olsson sous anesthésie peut aller jusqu’à 10 degrés.

La thèse de doctorat vétérinaire de Bouras en 2001 (2) le prouve une fois de plus, en radiographiant les mêmes chiens avec et sans anesthésie générale. Cette étude sur une centaine de chiens montre une différence significative entre le résultat de la lecture, avec et sans anesthésie. En effet, sur les 24 chiens pour lesquels a pu être faite une radiographie lisible sans anesthésie, 8 (soit 1/3 !) présentent une différence dans la mesure de l’angle de Norberg Olsson, de 1 à 3 degrés pour la plupart (6/8), de plus de 3 degrés pour certains (2/8). Jusqu’à 8 degrés de différence sont observés.

Les chiens concernés dans toutes ces études sont essentiellement les stades « limites », où le seul critère appréciable est la laxité, qui sont nombreux à l’âge du dépistage officiel puisque les déformations osseuses et les manifestations arthrosiques se développent le plus souvent après deux ans (5). La présence d’arthrose visible à la radio reste un critère de dysplasie donnant un stade supérieur à C, pour lesquels l’anesthésie ne change rien puisqu’elle ne la fait pas disparaître. En revanche, pour les stades sur lesquels l’évaluation de la luxation, et l’angle de Norberg Olsson vont être déterminants, les chiens radiographiés sans anesthésie ont un résultat meilleur que lorsqu’ils le sont sous anesthésie générale.



Le fait d’effectuer des radiographies officielles de dépistage sur un animal vigile (sans sédation poussée ni anesthésie) est donc une manœuvre qui contribue à camoufler l’hyperlaxité (5), et donc la dysplasie.
De plus, certains chiens dont la radiographie laisse apparaître uniquement de discrets signes d’arthrose (tel que la ligne de Morgan, non prise en compte dans la lecture mais cependant signe d’arthrose) seront classés non dysplasiques au bénéfice du doute si les autres critères (congruence, angle, laxité) sont bons…« grâce » à l’absence d’anesthésie.
Intérêt d’un dépistage plus fiable
A titre individuel : si le chien est atteint, il peut recevoir un traitement préventif précoce qui ralentira l’évolution de l’arthrose, ou être opéré plus rapidement, avant l’apparition de la boiterie.
A titre collectif pour la race : le but est d’éradiquer cette affection au sein de la race, ou du moins de limiter son importance et sa gravité au sein de la population de beaucerons. Plus le dépistage est fiable, plus ce but pourra être atteint facilement et rapidement.
III. Risques de l’anesthésie générale
Risque anesthésique
C’est le principal argument des détracteurs de l’anesthésie générale.
Le risque est l’allergie à l’anesthésique (rarissime mais imprévisible), ou la diminution de la fréquence cardiaque et respiratoire pouvant entraîner le décès du chien si rien n’est fait. Sans vouloir nier un risque toujours présent, l’évolution des protocoles anesthésiques fait qu’à l’heure actuelle les accidents anesthésiques sont rarissimes :
- les chiens anesthésiés pour le dépistage de dysplasie le sont généralement entre 1 et 3 ans : pour un chien de moins de 7 ans, sans pathologie cardiaque et dont les reins fonctionnent correctement, le risque anesthésique est quasiment nul.
- Les vétérinaires disposent désormais de protocoles très sûrs : sédation poussée réversible, qui, tout en entraînant une myorésolution suffisante, permettent par l’usage d’un antidote de réveiller le chien de façon quasi-instantanée (médétomidine), usage de l’anesthésie gazeuse dont on contrôle l’intensité en temps réel et dans laquelle l’agent anesthésique est éliminé très rapidement par voie pulmonaire, et protocoles anesthésiques « classiques » testés et éprouvés qui ont fait leurs preuves par la rareté des accidents : à l’heure actuelle les risques d’accident anesthésique sont négligeables par rapport aux autres causes de mortalité accidentelles.
L’anesthésie générale est utilisée pour de nombreuses interventions de convenance, y compris chez le chiot: tatouage, détartrage, stérilisation…et est très bien acceptée par les propriétaires.
Le surcoût
L’usage de l’anesthésie, facturée en moyenne entre 30 et 60 euros TTC selon les cliniques vétérinaires, entraîne donc un surcoût. Cependant, le fait de ne faire qu’un cliché sous anesthésie générale limite le prix de la radiographie en elle-même, par rapport aux nombreux clichés souvent nécessaires pour obtenir une radiographie lisible sans anesthésie.
Conclusion

Comme le confirme la commission scientifique de la FCI (obligation d’effectuer la radiographie avec un moyen médicamenteux permettant un parfait relâchement musculaire), sans myorésolution correcte (obtenue par anesthésie ou sédation poussée), le dépistage actuel n’est pas fiable. Il y a déjà trop de faux négatifs sous anesthésie générale, proportion qui est encore augmentée sans anesthésie. Par cette méthode, un certain nombre d’animaux sont faussement considérés comme indemnes lors du dépistage officiel et contribuent au maintien de l’affection au sein des races. (5)
Les risques, mineur pour le risque anesthésique et compréhensible quoique discutable de l’augmentation du coût, peuvent retenir certains propriétaires de chiens, qui auraient accepté de dépister leur chien sans anesthésie. Ainsi, on peut craindre que rendre l’anesthésie générale ou la sédation poussée obligatoires pour le dépistage de la dysplasie coxo-fémorale aura une influence négative sur le nombre de chiens dépistés. Cependant, augmenter le nombre de chiens dépistés par une méthode entraînant autant de faux négatifs : est-ce vraiment le but recherché ? Ne vaut-il pas mieux limiter la classification indemne de dysplasie aux chiens pour lesquels le dépistage est fiable ? A l’heure actuelle, chaque éleveur peut, à titre individuel, choisir un dépistage plus fiable pour ses reproducteurs.

D’autre part, il existe désormais des méthodes complémentaires de dépistage par rapport à la radiographie officielle. Ces méthodes permettent de dépister plus précocement et de façon plus fiable les chiens indemnes ou atteints. Elles feront l’objet d’un article ultérieur.

Auteurs : Drs Marie LOPEZ et Gaelle TAUNAY-BUCALO, avec la collaboration des Pr. Jean-Pierre GENEVOIS et Didier FAU, du service de chirurgie de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon.

Bibliographie :
(1)Genevois J.P., Fau D., Rémy D., La dysplasie coxo-fémorale chez le chien, Le point vétérinaire vol 28, Edition spéciale « Affections héréditaires et congénitales des carnivores domestiques », p 85-88, 1996
(2)Bouras H., Etude du dépistage radiologique de la dysplasie de la hanche chez le chien sans ou avec anesthésie. Thèse de doctorat vétérinaire, Nantes, 2001.
(3) Fau D., Rémy D., Viguier E., Carozzo C., Chanoit G., Genevois J.P., Alimentation et dysplasie coxo-fémorale, Revue Méd. Vét., 156, 138-147, 2005
(4) Madelenat A., Guenego L., Gautier R., Le Pennhip : une méthode de diagnostic précoce et d’éradication de la dysplasie de la hanche chez le chien, Bull. Acad. Vét. France, Tome 159, n°3, 241-246, 2006
(5) Genevois J.P., Chanois G., Carozzo C., Rémy D., Fau D., Viguier E., Rôle des conditions de réalisation de la radiographie (anesthésie) sur le résultat du dépistage de la dysplasie coxo-fémorale, Premières rencontres de la recherche canine, ENV Alfort, 13 avril 2007

19 juin 2007

Ils sont nés

Ce matin, mardi 19 juin, par césarienne : deux mâles et deux femelles.
Pour faire taire de suite les mauvaises langues : non Pandore n'est pas tellement vieille et fatiguée et pourrie qu'elle n'arrive même plus à poser 4 petits chiots toute seule. J'ai programmé et déclenché la césarienne, et il est quasi-certain (bien qu'on ne soit jamais sûr de rien en biologie) qu'elle aurait pu les faire seule sans le moindre problème, vu la tonicité de la corne utérine, vu son état de forme, et vu le nombre et la taille des chiots.
J'ai décidé de faire une césarienne de convenance parce que :
- la dernière fois ça s'est très mal passé, j'angoissais beaucoup, j'ai préféré assurer le coup en faisant une césarienne programmée, un jour connu à l'avance, à une heure décente, de façon à m'enlever ce stress là.
- mon emploi du temps et mon programme de travail, à savoir boulot lundi 18 et boulot vendredi 22, rend compliquée la surveillance de mise-bas si la chienne traîne un peu à les faire, ou les fait en avance. Pour ne pas me donner des sueurs froides au boulot à me demander si la chienne n'est pas en train de faire ses chiots seule à la maison, j'ai préféré programmer la date.
- c'est sa dernière portée, je comptais la stériliser dans la foulée, autant éviter une anesthésie supplémentaire. Et puis après réflexion, vu le risque de choc hypovolémique, j'ai préféré la stériliser plus tard. J'ai bien fait. Elle a fait un choc anesthésique au réveil, m'a fichu une peur bleue, j'ai cru la perdre, on a fait ce qu'il fallait et elle a bien récupéré, mais avec un choc hypovolémique en prime (due à l'ablation de l'utérus) il est probable qu'elle y serait restée. Du coup, je ne suis plus du tout certaine de la faire stériliser, on va peut être bien la laisser vieillir avec ses ovaires...
Pour le reste, un petit résumé de comment on fait pour programmer une césarienne.
Pour commencer, Pandore a été mise sous UTROGESTAN (progestérone par voie orale) sur la fin de sa gestation, afin de l'empêcher de mettre bas trop tôt (et notament ni lundi, ni pendant la finale ring du week end précédent). Pas de souci, elle a gardé ses chiots le temps nécessaire.
Dimanche soir, je lui ai donné son dernier cacheton de progestérone.
Ensuite, pour être sûre que la chute de progestérone aurait bien lieu avant la mise bas, j'ai utilisé une injection d'alizine. L'alizine, qui sert à faire avorter les chiennes, est un inhibiteur compétitif de la progestérone sur ses récepteurs. Utiliser l'alizine, c'est bloquer les récepteurs de progestérone, et déclencher donc l'équivalent d'une chute de progestérone comme cela se produit dans les 24h qui précèdent la mise-bas. En l'absence de chute de progestérone, les chiots naissent vivants mais meurrent rapidement du fait de l'absence de maturation du surfactant pulmonaire. L'injection d'alizine a été faite lundi à 16h30, à la posologie de 0,5ml/kg, soit 22 ml en sous cutanée à la face interne de le cuisse. La température de Pandore était alors de 38,3°C.
A 23H, sa température était tombée à 37,7 °C, et mardi matin à 7h à 36,5°C. La chute de température est concomittante de la baisse de progestérone, et m'a servi à vérifier que l'alizine avait été éfficace.
A 9h30, on a anesthésié Pandore, et on lui a sorti 4 chiots du bide.
Elle s'est réveillée rapidement, on l'a descendue de la table de chirurgie alors qu'elle bougeait déjà, elle s'est levée, je l'ai accompagnée jusqu'à la voiture, où elle était allée en tanguant.
A deux mètres de la voiture, elle s'est effondrée.
Il nous a fallut un bonne injection de corticos IV et beaucoup de stimulations vocales et tactiles pour la réveiller complètement, au moins 1h30 plus tard. Pendant tout ce temps je vous laisse imaginer que j'étais pas vraiment en forme.
Une fois vigile, je lui ai fait faire plusieurs tours de la clinique, présenté les chiots mais elle s'en contrefoutait, remise sur la banquette arrière de la voiture, et suis remontée à la maison.
A la maison, elle est allée direct dans la caisse de mise-bas. J'ai placé les chiots sur les mamelles, c'est tout juste si elle les a regardés, mais les a laissés têter.
Une bonne demi-heure plus tard, elle a commencé à les renifler, à dégusté quelques restes de cordons, et commencé à les lêcher. Ouf.
Depuis elle s'en occupe comme d'habitude : reste en permanence avec eux, les lêchent, les trimballe, etc etc etc.
Les bibious pesaient
- 350 et 400 g pour les femelles à la naissance
- 420 et 330 g pour les mâles, à la naissance aussi.
24h plus tard, ils ont tous perdu 30g. Normal sur les premières 24h, un peu plus inquiétant quand leur température corporelle est inférieure à 36°C. Pourtant ils sont vifs et ne pleurent pas, têtent bien... Depuis j'essaie par tous les moyens de les réchauffer, lampe rouge et chauffage d'appoint en continue. Ca a l'air d'aller mieux, ils viennent de passer les 36. Sacré casse tête, je les voudrais au-dessus de 37. Dehors il fait une chaleur à crever, mais dans ces vieilles maisons pourries les pièces restent fraîches. Et si je met les chiots dehors, Pandore aura besoin de 5 minutes pour tous les trimballer dans le trou qu'elle creuse sous les arbres, et me les remettre aussi sec au frais.
Pour le reste, ils sont tous noir et feu (ouf! lol) avec pas mal de feu, et super bien ergottés (pattes à 6 doigts pour la plupart).
A suivre avec des photos quand j'aurai trouvé un appareil numérique à emprunter!

18 juin 2007

Week end jaune (et pas que dans les verres d'oasis)

Ce week end avait lieu la finale du championnat de France en ring 2007, au Puy en Velay.
Finale tout en jaune et sans le moindre invité de race, marquée par l'absence regrettée de Sénèque, ben oui, papatte cassée à l'entraînement comme l'a fait remarquer à Claire son ancien président de club lorsqu'elle portait le tee-shirt et la casquette aux couleurs du Beauceron "Mais Claire, il ne sera pas là Sénèque, il est forfait à cause d'une fracture au doigt" "Ah booooooooon???????" lol. On était au courant de son absence, ça n'a pas empêché quelques résistants d'être là quand même, et de porter fièrement les tee-shirt et casquettes amoureusement concoctées par son fan club (Mireille et le bar Le Narval en tête!). Tee shirt et casquettes qui se sont arrachés, j'en avais emmené une vingtaine pour commencer la distribution aux supporters présents, j'ai été très surprise du nombre de personnes qui m'en ont demandé. Mention spéciale à Guillaume, mon ancien HA du club de Decazeville, qui a balancé la casquette proposée pour le protéger du soleil en disant qu'il préférait rentrer cramé que de porter un truc au couleurs d'un Beauceron. Les autres n'ont pas cette mentalité, et nombreux sont ceux qui ont témoigné leurs regrets quant à son absence, leur soutien à Rafaël et son équipe et leurs encouragements pour l'année prochaine. Notament Louis Eletto, juge du sélectif de Persan qui m'a dit qu'il était le chien qui l'avait le plus marqué sur cette tournée de sélectifs, et Emilien Gasnot, HA de la finale de l'année dernière, qui m'a dit avoir été très surpris et bluffé par Sénèque.
Puisqu'on parle d'Emilien (Mimile pour les intimes semble-t-il), c'est Ronan, l'HA de la NE de Villemandeur, anciennement officiant au club de St Brisson, qui me l'a présenté. Je me suis beaucoup fait chambrer par la suite, mais je connaissais Emilien de vue pour avoir admiré son travail et celui de Fred Beyer au sélectif de Decazeville il y a deux ans, puis l'année dernière à la finale évidemment, ce sont deux HA que j'admire énormément, qui ont un talent incroyable dans la toile, et avoir l'occasion de discuter avec Emilien c'était presque comme si on m'avait présenté Bertrand Cantat (le chanteur de Noir Désir pour les ignares). Sauf que là je ne suis pas devenue toute rouge et que j'ai réussit à aligner trois mots, et donc en plus d'être talentueux comme pas deux dans la toile, monsieur Gasnot est super sympa. Et a été bluffé par Sénèque...
Dans les "personnalités" que j'ai pu croiser à cette finale, spéciale dédicace à M. Goron, juge ring, présenté par Sandy comme le plus grand danseur de techno de tous les temps... Paraît-il qu'il est increvable et met à lui tout seul l'ambiance dans les boîtes de nuit alsaciennes...
Pour les autres, j'ai été ravie de revoir notre binôme d'HA de Villemandeur donc, Ronan et Domi, pas souvent recroisés depuis, qui me font l'un comme l'autre toujours autant marrer. Domi qui, je le précise, est l'Homme chargé du travail d'Astro. Marie Claire et Stéphane de Landerneau, nos bretons préférés, étaient là aussi, ça faisait un sacré bail. Ils redémarrent tous les deux avec leurs "petiots" : Arko succède à son pôpa Owen et démarre en trombe avec 100/100 au brevet (j'avais dit à Marie Claire que je la battrais, là elle ne me laisse aucune chance!), et Stéphane relève le défi de bosser un mâle de 4 ans, qui succède donc à Rouanne de S'Ils te Mordent Mords Les, dont la carrière a du être stoppée en ring II suite à un empoisonnement aux anticoagulants dont elle ne s'est jamais tout à fait remise. Croisé aussi Florence, la conductrice de Socrate de la Forêt du Bois Joli. Je n'avais pas eu jusque là l'occasion de vraiment discuter avec elle, mais sa réputation n'est absolument pas usurpée, elle est effectivement super sympa. Dans la série des beauceronniers, évidemment Sandy était là, accompagnée de son HA Rico qui n'est pas beauceronnier (pas encore...), et de deux éleveurs de malous et bichons avec qui on a passé une ch'tite soirée bien tranquilou en taverne alsacienne. Présents aussi Claire et Ju, venus sans Anouka et Ankh, mais accompagnés des membres de mon ancien club de Deczaville : Jean Louis, Daniel, Guillaume et Jean Michel. Spéciale dédicace là aussi à Daniel, surtout ne change jamais! Dans la série des clubs, il y avait aussi sur place mes deux clubs, équipe ring de la Section Cynophile d'Aiton presque complète (manquaient Alain qui met le chien entre parenthèses, et Damien qui s'occupe d'Athos qui sort juste d'une entérectomie plutôt houleuse), équipe ring de l'Entente Canine du Val Gelon presque complète (manquaient Juliette et les conducteurs du Rott chiot, Ché, et du jeune BA). Equipe augmentée de ma copine Audrey, fille de Jean Pierre, et de son chéri, et surtout (what a surprise!) d'une charmante personne qui m'a dit :
"ah chouette, on va pouvoir parler beauceron
- pourquoi tu es beauceronnière?
- oui et mes parents aussi, mon père était à la nationale avec une chienne en ring II.
- cette année?
- oui (alors là les neurones qui carburent, des femelles en ring II y en avait que deux, Sally et Vic du gex d'Emplume...). Il s'appelle Christian.
- Peyronnin????? T'es la fille de Christian Peyronnin? Ah ben oui je connais, oui! mdr"
Voilà comment on découvre les familles de cynophiles....
Et bien sûr l'équipe du club du Versoud, où Shamane avait passé son brevet l'année dernière, les revoir a été une super surprise et un vrai plaisir (identiques à eux mêmes, toujours autant d'ambiance! Spéciale dédicace à Alban Soto Maior, l'HA que Shamane recouvrait de bave par ses lêchouilles affectueuses en garde au ferme sur la défense)
Pour revenir aux beauceronniers, j'ai aussi pu faire la connaissance de Nico Bremec, avec qui j'ai échangé quelques mails dernièrement, président de club canin pas très loin de chez Sandy (nord est), à la recherche d'un capacitaire pour recréer une section ring/mondioring. Avis aux amateurs, monsieur est beauceronnier, donc un club tout disposé à ouvrir son équipe ring aux "exotiques", ça mérite de trouver du monde pour faire mordre non?
Ronan nous a également présenté un éleveur de Beaucerons de travail, affixe des Barons Noirs Della Foppa, qui a notament utilisé récemment Sénèque sur une chienne aux origines diverses (petite fille de Jaïtook) et qui est ravi de ses deux portées. A suivre donc (surtout qu'il a un arlequin finaliste d'obé, j'aime les arlequins qui ne font pas que du canapé!). Paraît-il que le conducteur de Jaguar reviendrait au Beauceron, ce serait une excellente nouvelle!
Ronan toujours nous a présenté également un des deux HA du concours ring de la NE. Qui avait été, avec son co-HA et le juge, critiqués pour la difficulté du travail dans le cadre d'une nationale d'élevage. Je ne partage pas cet avis. Certes pour un concours ring de nationale d'élevage, si on dégoute les gens, on n'aura plus d'inscriptions, et il faut donc un juge et des HA qui encouragent les concurrents sans leur couper d'envie de présenter leur chien. Mais y en a marre d'entendre "de toutes façons le concours de la nationale d'élevage ne signifie rien, y a pas de boulot de niveau", "mêmes les chiens qui ne valent rien font leurs excellents", "on donne les brevets", etc etc etc. Un brevet ça se mérite, ça ouvre les portes de la classe travail, ras le bol des brevets de complaisance accordés en NE. Il faut trouver un juste milieu, un travail de niveau pour que le concours ring de la NE aie encore une signification quant aux pointages et aux résultats obtenus, sans pour autant faire du travail de slélectif dès le niveau II sur des chiens qui n'ont pas la moindre intention d'atteindre un tel niveau. Ca c'était pour le coup de gueule rétro-actif.
Sinon j'ai aussi échangé quelques mots avec Patrick Simon, conducteur de Praxi du Ru d'Oly (arrière arrière grand père de Pandore) et de Norton, passé depuis au malinois et au campagne (finaliste), qui jugera le challenge du berger français à St Brisson fin septembre, avec son fils dans la toile. Croisé aussi le président du club sont les Barde sont membres, venu malheureusement sans eux, mais accompagné d'un monsieur qui en voyant Pandore s'est exclamé "Ah c'est la fille de Jaïtook! Je l'avais vu au brevet au Val Gelon! C'est la copie conforme de son père..." et qui m'a, au passage, appris que Jaïtook était mort récemment. Il avait 12 ans, avait concourru en sélectifs, et était le père de ma chienne mais aussi de Owen ring III, Oscar obéissance III, Rackham du gex d'Emplume ring III, et a eu des filles qui apparaissent dans de nombreux pedigree de chiens de travail : Loobie et Love Grège de la Roche Saint Secret.
J'ai aussi croisé des toulousains, on n'a malheureusement pas eu l'occasion de finir la conversation qui portait sur la sélection travail en beauceron, où d'après eux on ferait mieux d'utiliser plus Cé quitte à concentrer certains de ses défauts qui, toujours d'après eux, sont forcément présents quand on veut du chien qui bosse (agressivité, instabilité, ce genre de choses). Je ne suis pas tout à fait d'accord avec tout ça, ramener un peu d'agressivité dans le mordant peut être intéressant dans certains cas (je pense le faire sur Shamane qui est trop joueuse et pas assez au boulot, mais je précise bien DANS LE MORDANT, et parce qu'elle est particulièrement sociable et équilibrée en dehors du terrain. Sur ce type de chiennes oui. Mais consaguiniser à tous prix sur Cé, en oubliant toutes les autres origines dont on dispose (pas nombreuses mais existantes), sans tenir compte de l'équilibre caractériel : non. Bref à manier avec précautions, à mon avis.
Enfin une petite dédicace à nos voisins de camping, de la région parisienne, qui ont apporté leur aide précieuse au changement de ma roue (merci Lolo aussi bien sûr!) et au repliage des tentes... Sont galants ces parisiens... ;-)
Quelques remarques en vrac pour résumer l'ensemble du week end :
- quand on a un pneu à 1 bar au départ, on ferait mieux de le changer direct.
- quand y a pas de Beauceron qui participe, les beauceronniers sont beaucoup moins nombreux (on regrette l'absence de Julien du DGV retenu pour cause d'hospitalisation, et des autres pas venus) ; et en plus on boit beaucoup moins de champagne (j'ai tourné au coca tout le week end).
- je suis absolument nulle comme commerciale, heureusement que Sandy était là pour parler de ma sélection, de ma chienne et de ses chiots dans le bide aux gens qui se montraient intéressés, sinon ils n'auraient pas pris mon numéro de tel. Promis Sandy, je t'associe à Mireille dans ma promo.
- Bastet a peur des escaliers, ça ne s'est pas arrangé depuis sa chute du balcon à deux mois, elle continue à se bloquer en bas ou en haut. Ca fait beaucoup rire Ronan (forcément). Pour la palissade ça devrait aller vu qu'elle passe le A de RCI sans la moindre hésitation.
- les bibious ont bien regardé le passage des malous sur la pelouse (ah oui, j'ai oublié de préciser que pendant ce temps y avait des chiens qui faisaient une finale, au milieu du reste, et que mine de rien j'en ai vu passer pas mal!), Pandore était très attentive depuis les gradins (un peu trop hystérique depuis la barrière qui borde le terrain pour la laisser trop longtemps) et donc les chiots ont bien retenu comment il fallait faire...
- Pandore a testé les boudins aussi, proposés par Sandy puis ensuite lorgné sur ceux dans les mains des gens qui sortaient des stands... Fatiguée par la fin de sa gestation oui, mais pas au point de plus vouloir mordre quand même!
- Quand on va voir une finale ring dans une ville de la taille de celle du Puy en Velay, on réserve le resto à l'avance pour le samedi soir. Sinon c'est long, l'attente, vu que tous les spectateurs de la finale sont regroupés sur 3 restos, dont le personnel ne s'attendait pas vraiment à un tel débarquement!
- Enfin chapeau bas aux malous, leurs condcuteurs, leurs équipes, y a eu du très joli boulot.
Rdv l'année prochaine, les 22 et 23 juin, pour soutenir Sénèque dans le nord.

09 juin 2007

Brêves... des Bauges et d'ailleurs

Jeudi 31 mai j'ai été appellée pour une césarienne sur une beauceronne croisée malinois saillie par un patou. Le monsieur ne voulait que deux chiots. Les 4 premiers étant tous bien vivants j'ai insisté pour qu'il les garde. J'ai quand même dû euthanasier les 7 suivants, tous en pleine forme, la mort dans l'âme. On se complique la vie à faire des examens pas possibles et des kilomètres pour avoir 5 chiots, les premiers batards venus en font 11 quand le maître n'en veut que 2.
Accessoirement je note pour mémoire que le croisement beauceron x malinois nous donne, sur ce cas, une chienne adulte qui ressemble comme deux gouttes d'eau à une beauceronne, les feux beaucoup trop clairs certes, mais pas du tout à un malou...
Dimanche 3 juin je faisais un rempla dans le jura, chez des copains de promo qui déménagent et donc s'offrent mes services pour pouvoir choisir leur papier peint ensemble et refaire la déco de la nouvelle maison. Je leur ai filé un coup de main en décollage de papier peint, Pandore en liberté dans le jardin (non cloturé), Shamane dans sa caisse dans la voiture, garée à l'ombre, coffre grand ouvert. A la pause, j'ai échangé : Pandore dans sa caisse, Shamane dans le jardin sous haute surveillance (vu ses aptitudes à la levée de piste). Ca faisait pas 5 minutes que Sha se défoulait, qu'une dame aussi sympa que sa consoeur baujue rentre tranquille dans le jardin (hum la jolie violation de domicile!), et tape un scandale sur le fait qu'il y a un chien en train d'agoniser de chaud dans la voiture. Je lui répond calmement que c'est impossible, que la chienne y est depuis 5 minutes, que la voiture est à l'ombre et le coffre ouvert, et qu'il n'y fait pas chaud. Elle menace grace à son titre d'inspecteur SPA, donnant elle aussi un cours sur le fait qu'il est anormal que je ne puisse pas laisser mes deux chiennes ensemble et soit obligée de les séparer, doublé d'un cours sur le coup de chaleur. Les voitures étant toutes garées vers l'avant, elle n'a pas du voir les 3 caducés sur le pare-brise, un par bagnole.... Bref je constate que les pseudos inspecteurs jurassiens sont la copie conforme de leurs homologues baujus, ça promet... Pour la calmer, on a enfermé Pandore dans une cave et laissé Shamane dehors le temps qu'elle se prélasse un peu, puis échangé. Et j'ai pu repasser un coup de fil au directeur de la SPA de Besançon pour lui signaler que j'allais encore avoir des soucis de SPA, mais cette fois sur sa "juridiction".
Vendredi 8 juin, je déjeune avec une copine, qui me répète ce qu'on lui a raconté quelques jours auparavant : que mes chiens (Septembre et Shamane) se sont sauvés, ont attaqué un mec qui avait un chien dans les bras, l'ont mordu au visage et à la jambe, et que les flics me cherchent. Quand ça? la semaine dernière. Impossible, mes chiens ne se sont pas tirés depuis plus longtemps que ça. Mais elle m'a mis le doute. Le jour où Septembre mord quelqu'un (hors contexte de défense de territoire ou agression), je le fais euthanasier. Ca m'a mis en vrac tout l'après midi. Je me suis donc arrêtée à la gendarmerie en passant au retour, pour savoir ce qu'il en était réellement. Il y a bien eu une agression, la personne a été mordue à la main, et j'ignore s'il avait un petit chien dans les bras. Mais c'est un rott qui a mordu, et certainement pas mon chien. La prochaine fois que je chope l'abruti qui divulgue ce genre de rumeurs de merde, ça va très mal se passer (et vu que tout le monde sait que je le cherche et pourquoi, il va falloir qu'il se fasse discret s'il ne veut pas que je lui tombe dessus)
Lu sur un forum de Beauceron (majorité beauté) au sujet de l'instauration d'un TAN avec du mordant :
"Le jour ou l'on fait des tests de caractére comme ça j'arrête le beauceron, car ce ne sera plus le chien que j'aurai connu et aimé. Apres réflection : non je n'arrête pas mais je ne participe plus aux épreuves de selections et je continue à faire des vrais beauceron dans mon coin : des chiens qui ne prendront la place des Rott dans les journeaux." Magnifique, ça se passe de commentaire, mais je ne peux m'en empêcher :
- notez l'amalgame entre Rott et chiens dangereux, comme quoi on retrouve l'efficacité de la propagande gouvernementale même chez les cynophiles.
- notez l'amalgame entre chiens dans les journaux (sous-entendu, pas pour dire qu'ils sont super sympas, hein) et pratique du mordant sportif, y compris chez l'éleveur de Beauceron qui pourtant fréquente des gens qui bossent leurs chiens, donc théoriquement devrait avoir une vague idée de ce qu'est le mordant sportif. Ben non.
- enfin les deux déclarations "ce ne sera plus le chien que j'ai connu et aimé" et "je continue à faire des vrais beaucerons". Juste pour signaler qu'effectivement, les objectifs de sélection divergent de façon importante entre cette personne et moi. Et je pense qu'elle est très majoritaire par rapport à ceux qui partagent ma vision du Beauceron. On n'est pas sortis de l'auberge...
J'aurais pu écrire la même chose en fait..., ou presque : "Le jour où on interdit le mordant sportif j'arrête le Beauceron car ce ne sera plus le chien que j'aurai connu et aimé. Après réflexion : non je n'arrête pas mais je ne participe plus aux épreuves de sélection et je continue à faire des vrais Beaucerons dans mon coin : des chiens qui ne prendront pas la place des labradors sur les canapés."
Je termine sur la réflexion suivante : mettre du mordant au TAN du Beauceron, oui oui et oui! Mais mais mais.... car il y a un énoooooooooorme "mais"... Quid des chiens qui vont échouer? Des Beaucerons qui mordent, y en a, mais y en a encore plus qui ne mordent pas. Alors que va-t-il se passer pour ces chiens qui ne mordent pas? Refusés aux cotations? Que vont faire leurs proprios??? Les déclencher au mordant, par tous les moyens possibles et imaginables. Et s'adresser si besoin à des personnes incompétentes du genre de celles qui travaillent la menace au baton en acculant le chien derrière un grillage et en le tabassant. Si si, véridique, y en a qui font ça... Je vous laisse imaginer les conséquences désastreuses d'un déclenchement au mordant en agressivité, fait par des abrutis, sur des chiens dont le propriétaire n'a pas la moindre intention de pratiquer le mordant sportif ensuite (donc sans cessation, sans dressage, sans joie, juste dans la baston) : bonjour les dégats... En pesant bien le pour et le contre, je pense que le test de caractère tel qu'il est actuellement n'est finalement pas si mal au vu du cheptel beauceron. Y en a déjà bien assez qui doivent bosser leur test de caractère de manière plus ou moins douteuse, et bien assez qui échouent malgré ça...